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"Les
relations contextuelles sont constitutives
du signifié lexical […]. Nous considérons le contexte
comme l’ensemble des instructions contenues dans le
texte qui permettent d’identifier un sémème
et les traits qui le composent. Ajoutées aux instructions
formulées d’après l’entour,
elles constituent le parcours interprétatif relatif au sémème
considéré.
Les
techniques interprétatives reposent sur l’hypothèse de
la diffusion sémantique (laquelle rend compte des phénomènes
d’isotopie)
: deux passages juxtaposés recomposent par là même les
saillances et les inhibitions de leurs sèmes.
Ainsi le choix
du contexte est un acte herméneutique majeur dans la
mesure où il détermine la construction du sens."
F.
Rastier (1991: 154) (1998: 109)
*****
Si l’on suit aujourd’hui les regards
que porte J.-Cl. Anscombre
sur la sémantique française contemporaine, on peut
s’accorder avec l’auteur sur les deux handicaps
majeurs de cette discipline : "la difficulté qu’a
toujours éprouvé la sémantique (i) à définir son
objet et sa méthodologie, (ii) à acquérir une véritable
autonomie (ne fût-elle que partielle) vis-à-vis d’autres
champs conceptuels comme la philosophie, la logique, la
sociologie, la psychologie, etc., d’une part ; et par
rapport aux autres disciplines du même champ :
morphologie, pragmatique, et surtout syntaxe, d’autre
part", ce qui doit être rapporté au "poids
certain d’une tradition grammaticale séculaire"
(1998: 37).
Face
à ce constat général, le caractère particulier de
notre analyse d’un corpus littéraire ne pouvait faire
l’économie d’une situation théorique, fût-elle
rapide et sommaire. Avec des postulats triviaux, auxquels
souscrivait un écrivain comme Proust lui-même, tels que
"La langue sert à informer sur l’état des objets
du monde", "La langue sert à communiquer la
pensée", ou "L’énoncé est la prédication
d’une attitude (explicite ou non) vis-à-vis de cette
représentation du monde", modus
et dictum (1998:
40), on en viendrait à oublier le truisme selon lequel
"le sens est contenu dans les mots". Evidence
qu’il est bon de rappeler car elle fonde l’interprétation
des textes, prioritairement, non du monde qu’ils représentent
ou de la pensée qui leur est sous-jacente. C’est
pourquoi des notions linguistiques qui renvoient le
contenu des mots à un " ailleurs ", telles que
les mondes possibles, les espaces
mentaux, les univers
de croyances, les modèles
cognitifs, le principe
de pertinence, la théorie du prototype
ou du stéréotype, pour ne citer que des noms célèbres et au goût du
jour, ne nous seront d’aucune utilité, au contraire de
celle de sème, cette unité sémantique revisitée, depuis les travaux de F.
Rastier (cf. bibliographie), qui rend compte aussi bien de
l’en deçà du mot (i.
e. le contenu de morphèmes) que de l’au-delà de la
phrase (i. e. le
contenu de segments textuels) par la théorie de l’isosémie (cf. glossaire). Il est pour le moins étonnant que J.-Cl.
Anscombre ne retienne pas parmi "les grands courants
contemporains" cette approche du sens linguistique.
Sans doute est-elle reléguée aux oubliettes, car
identifiée à un structuralisme démodé. Ne mentionnant
pas les incontournables, tels Greimas, Pottier, Coseriu,
sa bibliographie est à ce sujet révélatrice, de même
que son exposé, osant une unique et timide allusion à
Hjelmslev (p. 38) et Saussure (p. 40).
Ce
n’est évidemment pas la nostalgie du paradis perdu de
la sémantique structurale ni de la sémiotique, en
efflorescence autour des années soixante-dix, qui nous
place dans le sillage d’un tel courant. Mais bien la nécessité
de conférer au sens une autonomie, laquelle ne signifie
plus immanence (du sens aux mots, au texte), dès lors
qu’est prise en compte sa situation de communication —
elle-même englobée dans ce que Rastier appelle un "ordre
herméneutique".
L’enjeu
épistémologique de notre ouvrage consiste alors à défendre
l’idée que l’appel à une composante thématique fondée
sur cette théorie linguistique, loin d’être un
scientisme et un jargon bloquant l’accès à une culture
générale, contribue à une meilleure compréhension du
sens des textes. Cela avait besoin d’être réaffirmé,
tant reste vivace et toujours actuelle la frilosité du
discours critique traditionnel des Belles-Lettres vis-à-vis
d’outils conceptuels et descriptifs dont la validité
est pourtant avérée depuis maintenant plus d’une décennie.
Récemment,
J. Geninasca constate : "Il est souvent question
aujourd’hui d’une " crise des théories ".
D’une certaine manière, il s’agit plutôt, du moins
dans le domaine des études littéraires, d’une crise de
la théorie, d’une méfiance généralisée à l’égard de ce
qui pourrait rappeler les ambitions de la saison
structuraliste en France, au tournant des années 60 et
70." (1997: 10) Moment où "La linguistique fait
alors figure de discipline pilote : n’a-t-elle pas réussi
une percée théorique qui lui confère un prestige de 'scientificité'
?" (ibid. 82)
L’heure
n’est plus à l’affrontement de la science contre le
champ du littéraire, qu’elle envahirait : "Une
description linguistique ne propose pas une lecture 'scientifique'
qui se substituerait aux autres, mais une identification
des contraintes linguistiques sur les parcours interprétatifs."
(Rastier, 1997: 146)
Donnons
un exemple concret de la démarche suivie. Soit le titre récent
(avril 1997) d’un livre de Christiane Rochefort : Conversations
sans paroles. Il présente une contradiction évidente,
qui doit être levée pour que le message soit
intelligible. Les sèmes /oral/ + /audible/ inhérents aux
sémèmes ‘parole’ et ‘conversation’ sont
neutralisés sous l’effet du relateur "sans".
Ce silence éloquent est alors à rapporter à la parole
du regard — cf. infra
celle des jeunes filles chez Proust — qui indique une
intériorisation de l’échange interindividuel, une
spiritualisation reposant sur le topos néoplatonicien l’œil de l’âme. Cela oriente le paradoxe de cette
contradiction apparente vers le réalisme
transcendant (expliqué infra),
lequel surprend par rapport au genre des récits de l’auteur,
car il n’a rien de rochefortien. Hormis précisément la
recherche littéraire de ce qui rompt avec la norme, avec
le systématique, que l’on croyait pouvoir identifier
aux dialogues spontanés et savoureux, qui ont fait sa célébrité.
L’authenticité que revendique l’auteur ne se mesure
plus alors à l’aune du réalisme
empirique qui se traduisait aussi bien par le thème
de l’urbanisme moderne (Les
petits enfants du siècle, Printemps
au parking), que dans des titres évoquant l’érotisme
(Le repos du
guerrier) ou la parlure relâchée du quotidien (Encore heureux qu’on va vers l’été).
Concernant
la méthode adoptée, à aucun moment l’analyse sémique
n’a requis la représentation mentale d’une discussion ; et le fait de situer
l’auteur dans son genre de production n’implique
nullement la recherche de son attitude
personnelle dans la prédication que pourrait
constituer ce titre nominal. Nous ne pensons pas que la compréhension
de son sens y ait perdu. La double orientation
psychologique et ontologique de celui-ci, classique en
logique (cf. dans Signification
et vérité de B. Russell la dualité du contenu
d’une phrase : "côté subjectif, l’assertion exprime
un état, une croyance du locuteur ; côté objectif, elle
prétend indiquer un fait et elle y réussit quand c’est vrai" ;
"Signifier, c’est avoir une intention"),
n’est pas notre propos.
Si
bien que l’analyse des contextes peut s’alléger du
poids superflu d’une approche pragmatique cognitive ; pour faire la différence entre le
contenu des deux énoncés que cite G. Kleiber Je suis passé de la salle de bains dans la cuisine. Le plafond était
très haut et Je
suis passé de la salle de bains dans la cuisine. Le
plafond était trop haut où "le
plafond renvoie cette fois plutôt à celui de la
salle de bains qu’à celui de la cuisine" (1994:
16), le sème /excès/ (‘trop’) active rétrospectivement
le sème /causatif/ — par un effet de la maxime post
hoc… popularisée par Barthes — si l’on interprète
la hauteur comme ayant déclenché le passage d’une pièce
à l’autre. Le sème /intensité/ (‘très’) n’a
pas en revanche cette vertu puisqu’il devient, par défaut,
un attribut du dernier lieu visité. La différence sémantique
provient donc d’une norme narrative sollicitée dans le
second énoncé, et simplement descriptive dans le
premier. Voilà comment le thème générique //habitation//
s’est modifié d’un contexte à l’autre, fort
distincts du fait d’un simple changement d’adverbes,
sans que l’on ait eu à faire intervenir " la façon
dont l’esprit comprend les choses dans des situations
données "…
Ajoutons
que, si l’analyse des contextes a démontré "que
le rôle essentiel de la sémantique était de nature inférentielle"
au détriment de la "conception référentielle
de la signification", ce qui est une avancée non négligeable
dans le cadre de la logique, due à D. Kayser (1997: 104)
— qui reconnaît en outre la nécessité de dissocier le
sens de la vérité (96), mais aussi, peu ou prou, l’inanité
de la composition du sens lexical à partir de primitives
(94) —, encore faut-il intégrer ces inférences
dans le cadre d’une sémantique qui les détermine. Cela
permet de combattre son idée laxiste selon laquelle il
n’y a pas de "bonne représentation du sens des
mots ; […] il n’y aurait rien d’étonnant à ce
qu’un lecteur plus attentif […] parvienne à un nombre
supérieur de sens. Aucun critère objectif ne peut départager
ces hypothèses." (1997: 101-102) Au contraire, la
reconnaissance des normes sur lesquelles se fondent les
parcours interprétatifs empêche par exemple " la
hauteur d’un plafond " de déclencher un nombre in(dé)fini
d’inférences, quels que soient les contextes englobant
ce syntagme.
Concernant
Proust, nous céderons au plaisir de l’enquête lexicale
avec les relations sémantiques qu’elle implique au sein
d’un texte vaste et dense, selon le topos de l’aiguille
dans la botte de foin. Pour retrouver un mot et son
environnement lexical dans un corpus, le recours
aujourd’hui fréquent aux banques de données (des
logiciels FRANTEXT, HYPERBASE, etc.) est une aide considérable.
La notion opératoire qui s’impose est alors celle de segment
textuel, indifférente à la délimitation de la
phrase. On est bien loin de l’étude de celle-ci selon
les trois points de vue successifs et complémentaires (i)
morphosyntaxique,
(ii) sémantico-référentiel,
(iii) énonciatif-hiérarchique
que préconisait Cl. Hagège (1985: 276), d’après la
tradition anglo-saxonne syntactics / semantics / pragmatics (Rastier (1990) a souligné les
blocages de cette triade morrissienne engendrés dans l’étude
du sens). En outre quand l’auteur précise que
"L’organisation sémique reflète en toute langue
la praxis de la société qui culturalise les référents"
(1985: 288), nous gênent non seulement la visée
anthropologique du sens (du point de vue de son
autonomie), mais aussi la conception réductrice d’un
système statique d’invariants. Nous considérons en
revanche que "l’emploi en contexte" permet de
dégager de façon évolutive une organisation sémique,
laquelle relève d’une autre forme de "codage"
(ibid.) ne niant
ni le corpus particulier ni la part subjective du
descripteur.
Comment
le sens d’un mot se construit-il dès lors qu’on cesse
de prendre isolément, tant au niveau paradigmatique que
syntagmatique ? Par exemple le sémème ‘piano’ se définit
hors contexte
relativement au taxème //instruments à musique//, et par
des sèmes inhérents distinctifs, tels /à clavier/, /à
cordes frappées/ qui peuvent être rapportés à diverses
précisions encyclopédiques. En
contexte minimal, le sème /musicalité/ est encore hérité et récurrent
dans "accorder le piano", mais moins saillant
que /lourdeur/ dans "soulever le piano" qui est
ici activé (cf. Rastier, 1991: 220). Une fois intégré
dans des syntagmes plus vastes, le sens du sémème se
modifie considérablement : dans "grâce à ses gros
bras Pierre a pu soulever le piano", le sème /lourdeur/
précédent sert à construire une afférence plus
globalisante, soit l’isosémie /force/ qui indexe aussi
‘bras’, ‘gros’, ‘grâce à’, ‘pu’ (alors
que /lourdeur/ a moins de capacité interprétative ; de même
que l’isosémie /chance/, qui ne concerne que l’aide
et la possibilité réalisée, mais qui n’explique pas
‘piano’ et peut être contredite par la bonne forme
physique de Pierre s’il ne laisse rien au hasard ; bref
des degrés de validité hiérarchisent les isosémies).
Dans
la construction de ce thème spécifique — ce qui ne
veut pas dire que nous cédons à un constructivisme
à la mode — intervient un rôle
thématique fondé sur des sèmes casuels complémentaires
: ‘piano’ actualise /accusatif/ relativement à
‘Pierre’ pourvu de /ergatif/, et sa partie "gros
bras" pourvue de /instrumental/ (cf. Rastier (1994c:
121) sur le statut sémantique de tels cas "
syntaxiques "). L’interaction des trois actants ne
doit pas occulter le fait que /accusatif/ avait une présence
" obligatoire " dès le syntagme "soulever
le piano", cela, contrairement à l’isosémie
/force/. Si la primitive casuelle a cette propriété de nécessité
qui la distingue du composant sémique, elle n’en est
pas pour autant indépendante des phénomènes d’intégration,
de perception, de mise en relief, comme un sème récurrent.
Pour ce qui est de notre utilisation, elle structurera les
contenus qui lui sont associés. Par exemple l’inversion
de " Le fermier tue le taureau " à " Le taureau tue le fermier
" se traduit par la paire d’oppositions /ergatif/+/humain/
vs /accusatif/+/animal/
et /ergatif/+/animal/ vs
/accusatif/+/humain/. Mentionnons les isosémies /violence/,
/élevage/ qui échappent au couplage avec les sèmes
casuels (en précisant qu’au sein de /élevage/, selon
la doxa, la
première action peut relever d’une habitude alors que
la seconde est plutôt un accident exceptionnel ce qui révèle
la présence non négligeable des sèmes aspectuels /itératif/
vs /singulatif/).
Nous
reprenons à notre compte cette conclusion de F. Rastier :
"Ainsi le concept de thème pourrait-il être détaillé, et trouver un fondement dans la
microsémantique" (1989: 57).
C’est
sur l’analyse du contenu de ces segments, limités à
ceux où apparaît le lexème blond (et ses dérivés) que
portera notre activité interprétative et structurante.
La considération de base est la suivante : de même qu’au
niveau du signifiant le lexème est entouré d’autres mots, de même son signifié
est englobé dans un sémantisme contextuel. La gageure
consiste à mettre en évidence la base thématique évoluant
en fonction des divers contextes autour de ce mot pôle.
On suit alors un fil constitué de groupements sémiques (inducteurs
de faisceaux d’isosémies). Il n’est certes qu’une
des innombrables entrées dans les écrits de Proust, mais
nous avons la faiblesse de le croire "solide".
C’est à lui que revient le privilège de prouver, a
posteriori, qu’il s’agit (ou non) d’une "couleur
clé", selon le réseau relationnel qu’il tisse
entre les acteurs du récit valorisés par le narrateur.
On
évitera par conséquent de décider de la prééminence
de la blondeur en la rapportant à un "ailleurs",
tel l’imaginaire de l’auteur Proust, voire un a
priori de l’analyste… En revanche on montrera
s’il est besoin comment des valeurs symboliques de cette
couleur, relevant de l’un de ces Codes
dont parlait Barthes dans S/Z
("eux dont l’origine " se perd " dans la
masse perspective du déjà-écrit,
ils désoriginent l’énonciation"), participent à
la cohésion du texte proustien.
L’étude
entend profiter du trésor exhumé par les quatre volumes
de La Pléiade
(1987-1989, dir. J.-Y. Tadié), à savoir les très
nombreuses et fort instructives esquisses publiées.
C’est pourquoi, passant de l’une à l’autre, notre
analyse en fait son terrain de prédilection et, partant,
se meut dans ces Cahiers
qui formèrent le roman de la Recherche
proustienne élaboré aux environs de 1908-1911.
Notons que ce laps de quatre années inclut l’essentiel
des " avant-textes " que nous avons retenus. Ils
seront rapportés à la version définitive selon les
besoins de la série génétique qu’ils forment,
laquelle intègre aussi des " intertextes "
comme Jean Santeuil (1895-1900) ou Les
Plaisirs et les jours (1896).
Insistons
sur une spécificité de cette perspective qui rend l’entreprise
délicate : le texte final proustien, déjà compact,
n’en ressort que plus vaste et complexe, si bien que les
relations sémantiques internes que l’on en dégage,
pour simples qu’elles puissent paraître, sont une
victoire sur le prolifique, le profus, voire le touffu.
Concrètement,
les occurrences de la blondeur étant trop nombreuses pour
être étudiées de façon exhaustive, on limitera leur
relevé à celles comportant le sème inhérent /humain/.
Sera ainsi par exemple écartée l’occurrence suivante :
"j’admirais
une fresque à laquelle était partiellement superposé un
rideau de lumière oblique, progressif, poudreux et blond,
marque du jour déterminé et de l’heure dont je n’étais
pas moins avide que de l’œuvre d’art elle-même"
(I, 1267).
Or
ce segment extrait de la dactylographie de Du
côté de chez Swann III
est modifié comme suit dans le texte final :
"je
contemplais une fresque à laquelle était partiellement
superposé un rideau de soleil matinal, poudreux, oblique
et progressif" (I, 383).
De
telles reprises lexicales lacunaires montrent l’intérêt
de la visée génétique en posant en l’occurrence le
problème de la disparition d’une blondeur
lumineuse naturelle désirable, voire artistique.
Remarque.
Celle-ci pourrait être rapportée à une " représentation
du réel " ainsi qu’à une " nature psychique
" qui inciteraient à s’interroger sur les causes
situées au niveau cognitif ou de la praxis sociale ayant
poussé l’écrivain à modifier génétiquement le sens
du segment. N’en déplaise à P. Siblot, nous ne voyons
rien de "nécessaire" dans cette démarche pour
comprendre l’énoncé (1997: 26). Au contraire elle
orienterait vers des considérations sinon
"extra-linguistiques", du moins
"extra-textuelles", lesquelles sont à nos yeux
plus que contingentes dans la mesure où elles occultent
la description du signifié verbal lui-même. Tant il est
vrai que le fait de remonter aux origines — incertaines
— de la production du sens amènerait à spéculer sur
le rôle des "expériences" dans ce parcours
génératif, alors que le parcours
interprétatif que nous adoptons s’en tient, de façon
moins ambitieuse, à une théorie sémantique opératoire
(non étiologique). Si, poursuit Siblot, "la problématique
du praxème conduit à substituer à l’identification de
sèmes différentiels la compréhension des processus dont
ils sont le résultat" (1997: 55), ce programme rend
secondaire sinon impossible la " simple "
description du sens verbal dans un corpus donné.
La
construction thématique des occurrences pertinentes sera
filtrée et structurée par deux grands motifs qui
ordonnent l’analyse : d’une part le problème cognitif
que pose à Marcel l’apparition de la bande des jeunes
filles de Balbec (depuis A
l’ombre des jeunes filles en fleurs II publié en
1919) ; d’autre part la nature physique particulière
des Guermantes (depuis
Le Côté de Guermantes I et
II publié en 1920-1921). |