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De tous les modes de production de l’amour, de tous les
agents de dissémination du mal sacré, il est bien l’un
des plus efficaces, ce grand souffle d’agitation qui
parfois passe sur nous. Alors l’être avec qui nous nous
plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c’est lui
que nous aimerons. Il n’est même pas besoin qu’il nous
plut jusque-là plus ou même autant que d’autres. Ce
qu’il fallait, c’est que notre goût pour lui devint
exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand - à
ce moment où il nous fait défaut - à la recherche des
plaisirs que son agrément nous donnait, s’est brusquement
substitué en nous un besoin anxieux, qui a pour objet cet
être même, un besoin absurde, que les lois de ce monde
rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir -
le besoin insensé et douloureux de le posséder (CS)
Quant
à lui, il avait couru Paris non parce qu’il croyait
possible de la rejoindre, mais parce qu’il lui était trop
cruel d’y renoncer (CS)
Et,
en une attitude qui sans doute lui était habituelle, qu’elle
savait convenable à ces moments-là et qu’elle faisait
attention à ne pas oublier de prendre... (CS)
Il
sentait bien que cet amour, c’était quelque chose qui ne
correspondait à rien d’extérieur, de constatable par
d’autres que lui ; il se rendait compte que les
qualités d’Odette ne justifiaient pas qu’il attachât
tant de prix aux moments passés auprès d’elle. Et
souvent, quand c’était l’intelligence positive qui régnait
seule en Swann, il voulait cesser de sacrifier tant d’intérêts
intellectuels et sociaux à ce plaisir imaginaire. Mais la
petite phrase, dès qu’il l’entendait, savait rendre
libre en lui l’espace qui pour elle était nécessaire,
les proportions de l’âme de Swann s’en trouvaient changées ;
une marge y était réservée à une jouissance qui elle non
plus ne correspondait à aucun objet extérieur et qui
pourtant, au lieu d’être purement individuelle comme
celle de l’amour, s’imposait à Swann comme une réalité
supérieure aux choses concrètes (CS)
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