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LA STRADA DI SWANN


Quand notre  bonheur n’est plus dans leurs mains, de quel calme, de quelle aisance, de quelle hardiesse on jouit auprès d’eux! (...) “Il n’est pas régulièrement beau, si vous voulez, mais il est chic : ce toupet, ce monocle, ce sourire” (...) “Il n’est pas positivement laid si vous voulez, mais il est ridicule : ce monocle, ce toupet, ce sourire!”, réalisant dans leur imagination suggestionnée la démarcation immatérielle qui sépare à quelques mois de distance une tête d’amant de cœur et une tête de cocu... (...) Ces (d’Odette) nouvelles façons indifférentes, distraites, irritables... (CS)

“Comment vous, mon cher, qu’est-ce que vous pouvez bien faire ici ?” à un romancier mondain qui venait d’installer au coin de son oeil un monocle, son seul organe d’investigation psychologique et d’impitoyable analyse, et répondit d’un air important et mystérieux, en roulant l’: “J’observe” (CS)

Obligée, pour se consoler de ne pas être tout à fait l’égale des autres Guermantes, de se dire sans cesse que c’était par intransigeance de principes et fierté qu’elle (Mme de Guermantes) les voyait peu, cette pensée avait fini par modeler son corps et par lui enfanter une sorte de prestance qui passait aux yeux des bourgeoises pour un signe de race et troublait quelquefois d’un désir fugitif le regard fatigué des hommes de cercle (...) Mais par nature, elle avait horreur de ce qu’elle appelait “les exagérations” et tenait à montrer qu’elle “n’avait pas à” se livrer à des manifestations qui n’allaient pas avec le “genre” de la coterie où elle vivait, mais qui pourtant d’autre part ne lassaient pas de l’impressionner, à la faveur de cet esprit d’imitation voisin de la timidité que développe chez les gens les plus surs d’eux-mêmes l’ambiance d’un milieu nouveau, fut-il inférieur (CS)


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