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Elle avait même commencé de jolies collections qu’elle
installait avec un goût charmant dans une vitrine et que je
ne pouvais regarder sans attendrissement et sans crainte car
l’art avec lequel elle les disposait était celui fait de
patience, d’ingéniosité, de nostalgie, de besoin d’oublier,
auquel se livrent les captifs (PR)
Parce que le vent de la mer ne gonflait plus ses vêtements,
parce que, surtout, je lui avais coupé les ailes, elle
avait cessé d’être une Victoire, elle était une pesante
esclave dont j’aurais voulu me débarrasser (PR)
(Vinteuil)
Cette qualité inconnue d’un monde unique et qu’aucun
autre musicien ne nous avait jamais fait voir, peut-être
était-ce en cela, disais-je à Albertine, qu’est la
preuve la plus authentique du génie, bien plus que le
contenu de l’œuvre elle-même (…) les grands
littérateurs n’ont jamais fait qu’une seule oeuvre, ou
plutôt réfracté à travers des milieux divers une même
beauté qu’ils apportent au monde (PR)
(Dostoevskij)
– Mais est-ce qu’il a jamais assassiné quelqu’un,
Dostoevskij? Les romans que je connais de lui pourraient
tout s’appeler l’Histoire d’un Crime. C’est une
obsession chez lui … Avez-vous remarqué le rôle que l’amour-propre
et l’orgueil jouent chez les personnages? On dirait que
pour lui l’amour et la haine la plus éperdue, la bonté
et la traîtrise, la timidité et l’insolence, ne sont que
deux états d’une même nature, l’amour-propre, l’orgueil
empêchant Aglaé, Nastasia, le capitaine dont Mitia tire la
barbe, Krassotkine, l’ennemi-ami d’Aliocha, de se
montrer “tels” qu’il sont en réalité (PR)
L’amour,
c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur
(…) Comme il n’est de connaissance, on peut presque dire
qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation
compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même
qu’on peut tirer savoir et douleur (PR)
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