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J’écoutais
à peine ces histoires, du genre de celles que M. de Norpois
racontait à mon père; elles ne fournissaient aucun aliment
aux rêveries que j’aimais; et d’ailleurs, eussent-elles
possédé ceux dont elles étaient dépourvues, qu’il les
eut fallu d’une qualité bien excitante pour que ma vie
intérieure put se réveiller durant ces heureux mondaines
où j’habitais mon épiderme, mes cheveux bien coiffées,
mon plastron de chemise, c’est-à-dire où je ne pouvais
rien éprouver de ce qui était pour moi, dans la vie, le
plaisir (CG) … Ils savaient peut-être mieux que
moi que la duchesse de Guise était princesse de Clèves,
d’Orléans, et de Porcien, etc. mais ils avaient connu,
avant même tous ces noms, le visage de la duchesse de Guise
que, dès lors, ce nom leur reflétait. J’avais commencé
par la fée, dut-elle bientôt périr; eux, par la femme (CG)
Un
littérateur eut de même été enchanté de leur
conversation, qui eut été pour lui – car l’affamé
n’a pas besoin d’un autre affamé – un dictionnaire
vivant de toutes ces expressions qui chaque jour s’oublient
davantage: des cravates à la Saint-Joseph, des enfants
voués au bleu, etc., et qu’on ne trouve plus que chez
ceux qui se font les aimables et bénévoles conservateurs
du passé. Le plaisir qui ressent parmi eux, beaucoup plus
que parmi d’autres écrivains, un écrivain, ce plaisir
n’est pas sans danger, car il risque de croire que les
choses du passé ont un charme par elles-mêmes, de les
transporter telles quelles dans son oeuvre, mort-née dans
ce cas, dégageant un ennui dont il se console en se disant:
“C’est joli parce que c’est vrai, cela se dit ainsi”
(CG)
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