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Il
n’y a rien comme le désir pour empêcher les choses qu’on
dit d’avoir aucune ressemblance avec ce qu’on a dans la
pensée (CG)
(…)
baiser, au lieu des joues de la première venue, si
fraîches soient-elles, mais anonymes, sans secret, sans
prestige, celles auxquelles j’avais si longtemps rêvé,
serait connaître le gout, la saveur, d’une couleur bien
souvent regardée … C’est pour cela que les femmes un
peu difficiles, qu’on ne possède pas tout de suite, dont
on ne sait même pas tout de suite qu’on pourra jamais le
posséder, sont les seules intéressantes. Car les
connaître, les approcher, les conquérir, c’est faire
varier de forme, de grandeur, de relief l’image humaine,
c’est une leçon de relativisme dans l’appréciation
d’un corps, d’une femme, belle à réapercevoir quand
elle a repris sa minceur de silhouette dans le décor de la
vie. Les femmes qu’on connaît d’abord chez l’entremetteuse
n’intéressent pas, parce qu’elles restent invariables (CG)
C’est
la terrible tromperie de l’amour qu’il commence par nous
faire jouer avec une femme non du monde extérieur, mais
avec une poupée intérieure à notre cerveau, la seule d’ailleurs
que nous ayons toujours à notre disposition, la seule que
nous posséderons, que l’arbitraire du souvenir, presque
aussi absolu que celui de l’imagination, peut avoir faite
aussi différente de la femme réelle que du Balbec réel
avait été pour moi le Balbec rêvé; création factice à
laquelle peu à peu, pour notre souffrance, nous forcerons
la femme réelle à ressembler … La journée qui avait
suivi avait été consacrée à dire un dernier adieu à ce
mal auquel je renonçais (CG)
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