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Mais
elle (Mme de Guermantes) tenait leur apparition sinon pour
une promesse de plaisir, du moins pour un effet du hasard.
Et elle les arrêtait quelquefois car il y a des moment où
on a besoin de sortir de soi, d’accepter l’hospitalité
de l’âme des autres, à condition que cette âme, si
modeste et laide soit-elle, soit une âme étrangère,
tandis que dans mon cœur elle sentait avec exaspération
que ce qu’elle eut retrouvé, c’était elle (CG)
(Mon
père, ami de M. Méline, était convaincu de la
culpabilité de Dreyfus …Il ne me reparla pas de huit
jours quand il apprit que j’avais suivi une ligne de
conduite différente) Ma mère, partagée entre son amour
pour mon père et l’espoir que je fusse intelligent,
gardait une indécision qu’elle traduisait par le silence
… On pardonne les crimes individuels, mais non la
participation à un crime collectif. Dès qu’elle (Mme
Sazerat) le sut antidreyfusard, elle mit entre elle et lui
des continents et des siècles (CG)
Si
délicat pour tout le reste, il (Saint-Loup) envisageait la
perspective d’un brillant mariage, seulement pour pouvoir
continuer à l’entretenir, à la garder. Si on s’était
demandé à quel prix il l’estimait, je crois qu’on n’eut
jamais pu imaginer un prix assez élevé. S’il ne l’épousait
pas, c’est parce qu’un instinct pratique lui faisait
sentir que, dès qu’elle n’aurait plus rien à attendre
de lui, elle le quitterait ou du moins vivrait à sa guise,
et qu’il fallait la tenir par l’attente du lendemain.
Car il supposait que peut-être elle ne l’aimait pas. Sans
doute, l’affection générale appelée amour devait le
forcer – comme elle fait pour tous les hommes – à
croire par moments qu’elle l’aimait. Mais pratiquement
il sentait que cet amour qu’elle avait pour lui n’empêchait
pas qu’elle ne restât avec lui qu’à cause de son
argent, et que le jour où elle n’aurait plus rien à
attendre de lui elle s’empresserait de le quitter (CG)
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