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ALL'OMBRA DELLE FANCIULLE IN FIORE


“Venez tôt pour que nous ayons de bonnes heures à nous”, ajouta-t-elle en souriant. A ces mots, je remontai plus loin qu’aux temps où j’aimais Gilberte, à ceux où l’amour me semblait une entité non pas seulement extérieure, mais réalisable … J’allais savoir l’odeur, le goût, qu’avait ce fruit rose inconnu. J’entendis un son précipité, prolongé et criard. Albertine avait sonné de toutes ses forces … J’avais cru que l’amour que j’avais pour Albertine n’était pas fondé sur l’espoir de la possession physique …au contraire de ce qui s’était produit quand Bloch  m’avait dit qu’on pouvait avoir toutes les femmes, et comme si, au lieu d’une jeune fille réelle, j’avais connu une poupée de cire, il arriva que peu à peu se détacha d’elle mon désir de pénétrer dans sa vie … ma curiosité intellectuelle de ce qu’elle pensait sur tel ou tel sujet ne survécut pas à la croyance que je pourrais l’embrasser. Mes rêves l’abandonnèrent dès qu’ils cessèrent d’être alimentés par l’espoir d’une possession dont je les avais crus indépendants (JF)

Et elle (la mère d’Andrée) était bien décidée à ce qu’Andrée n’épousât qu’un homme, d’excellente famille naturellement, mais assez riche pour qu’elle put avoir elle aussi un chef et deux cochers. C’était cela le positif, la vérité effective d’une situation … Certes, à cause du milieu où tout cela évoluait, où l’argent joue un tel rôle, et où l’élégance vous fait inviter mais non épouser, aucun mariage “potable” ne semblait pouvoir être pour Albertine la conséquence utile de la considération si distinguée dont elle jouissait et qu’on n’eut pas trouvée compensatrice de sa pauvreté (JF)

 


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