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(La
vieille dame du Grand Hôtel) Dès lors, ayant placé entre
elle d’une part, le personnel de l’hôtel et les
fournisseurs de l’autre, ses domestiques qui recevaient à
sa place le contact de cette humanité nouvelle et
entretenaient autour de leur maîtresse l’atmosphère
accoutumée, ayant mis ses préjugés entre elle et les
baigneurs, insoucieuse de déplaire à des gens que ses amis
n’auraient pas reçus, c’est dans son monde qu’elle
continuait à vivre par la correspondance avec ses amies,
par le souvenir, par la conscience intime qu’elle avait de
sa situation, de la qualité de ses manières, de la compétence
de sa politesse (JF)
Si
j’avais pu descendre parler à la fille que nous croisions,
peut-être eusse-je été désillusionné par quelque défaut
de sa peau que de la voiture je n’avais pas distingué? (Et
alors, tout effort pour pénétrer dans sa vie m’eut semblé
soudain impossible. Car la beauté est une suite d’hypothèses
que rétrécit la laideur en barrant la route que nous
voyions déjà s’ouvrir sur l’inconnu) … Mais peut-être,
en espérant qu’un jour, plus libre, je pourrais trouver
sur d’autres routes de semblables filles, je commençais déjà
à fausser ce qu’a d’exclusivement individuel le désir
de vivre auprès d’une femme qu’on a trouvée jolie, et
du seul fait que j’admettais la possibilité de le faire
naître artificiellement, j’en avais implicitement reconnu
l’illusion (JF)
Nous
apercevions déjà l’hôtel, ses lumières si hostiles le
premier soir, à l’arrivée, maintenant protectrices et
douces, annonciatrices du foyer. Et quand la voiture
arrivait près de la porte, le concierge, les grooms, le
lift, empressés, naïfs, vaguement inquiets de notre retard,
massés sur les degrés à nous attendre, étaient, devenus
familiers, de ces êtres qui changent tant de fois au cours
de notre vie, comme nous changeons nous-mêmes, mais dans
lesquels au moment où ils sont pour un temps le miroir de
nos habitudes, nous trouvons de la douceur à nous sentir
fidèlement et amicalement reflétés (JF)
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