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Mais
à quoi bon, puisque si même, alors, elle avait eu le temps
de se reconnaître, nous n’aurions compris l’un et l’autre
où était notre bonheur, ce que nous aurions du faire, que
quand, que parce que ce bonheur n’était plus possible,
que nous ne pouvions plus le faire; soit que tant que les
choses sont possibles, on les diffère, soit qu’elles ne
puissent prendre cette puissance d’attrait et cette
apparente aisance de réalisation que quand projetées dans
le vide idéal de l’imagination, elles sont soustraites à
la submersion alourdissante, enlaidissante du milieu vital.
L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais
moins que l’idée qu’un autre est mort, que, redevenue
plane après avoir englouti un être, s’étend, sans même
un remous à cette place-là, une réalité d’où cet être
est exclu, où n’existe plus aucun vouloir, aucune
connaissance et de laquelle il est aussi difficile de
remonter à l’idée que cet être a vécu, qu’il est
difficile, du souvenir encore tout récent de sa vie, de
penser qu’il est assimilable aux images sans consistance,
aux souvenirs laissés par les personnages d’un roman
qu’on a lu (AD)
Nous
croyons savoir exactement les choses, et ce que pensent les
gens, pour la simple raison que nous ne nous en soucions pas.
Mais dès que nous avons le désir de savoir, comme a le
jaloux, alors c’est un vertigineux kaléidoscope où nous
ne distinguons plus rien … C’était là encore une des
conséquences de cette impossibilité où nous sommes, quand
nous avons à raisonner sur la mort, de nous représenter
autre chose que la vie (AD)
Les
deux plus grandes causes d’erreur dans nos rapports avec
un autre être sont avoir soi bon cœur ou bien, cet autre
être, l’aimer. On aime sur un sourire, sur un regard, sur
une épaule. Cela suffit; alors dans les longues heures d’espérance
ou de tristesse, on fabrique une personne, on compose un
caractère. Et quand plus tard on fréquente la personne aimée,
on ne peut pas plus, devant quelques cruelles réalités
qu’on soit place, ôter ce caractère bon, cette nature de
femmes nous aimant, à l’être qui a tel regard, telle épaule,
que nous ne pouvons quand elle vieillit, à une personne que
nous connaissons depuis sa jeunesse, la lui ôter (AD)
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