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Ce
qui lui (Gilberte) avait semblé intolérable, impossible,
sans que nous nous fussions jamais dit la raison du
changement, elle était toujours prête à venir à moi,
jamais pressée de me quitter; c’est que l’obstacle
avait disparu, mon amour. (AD)
Un
beau jour tout avait été changé, le gendre était devenu
un ange, on ne se moquait plus de lui qu’à la dérobée.
C’est que l’age avait laissé à Mme Swann (devenue Mme
de Forcheville) le goût qu’elle avait toujours eu d’être
entretenue, mais, par la désertion des admirateurs, lui en
avait retiré les moyens. Elle souhaitait chaque jour de
brillants, une plus luxueuse automobile, mais elle avait peu
de fortune, Forcheville ayant presque tout mangé, et –
quel ascendant israélite gouvernait en ça Gilberte? –
elle avait une fille adorable, mais affreusement avare,
comptant l’argent à son mari, naturellement bien plus à
sa mère. Or tout à coup le protecteur elle l’avait
flairé, puis trouvé, en Robert (AD)
Il
suffisait, les rares fois où Robert emmena sa femme
déjeuner au restaurant, de voir la façon adroite et
respectueuse dont il lui enlevait ses affaires, son art de
commander le dîner et de se faire servir, l’attention
avec laquelle il aplatissait les manches de Gilberte avant
qu’elle remit sa jaquette, pour comprendre qu’il avait
été longtemps l’amant d’une femme avant d’être le
mari de celle-ci … Peut-être même, croyant le violoniste
dépensier “comme tous les artistes” (Charlie s’intitulait
ainsi sans conviction et sans orgueil pour s’excuser de ne
pas répondre aux lettres, etc., d’une foule de défauts
qu’il croyait faire partie de la psychologie incontestée
des artistes) (AD)
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